Le monde d'Ester

Création et impression d'estampes originales et sur commande. Technique de la gravure en taille douce (pointe séche, eau forte, aquatinte, carborundum...) sur divers supports. TOUS DROITS RESERVES (texte et image)

05 juillet 2009

MARCHES D’ARTISANS D’ART DE BRACIEUX

Je vous invite à me rejoindre le samedi 18 juillet sur le marché de Bracieux (41250), près de Blois, où l'on pourra disserter sur l'éstampe et la gravure. En avant propos quelques rappels ci après

Messieurs Littré, Larousse et Robert nous expliquent : 

ESTAMPE:  Image imprimée, par le moyen d'une planche gravée. Image reproduite au moyen d'une plaque de cuivre ou de bois gravée, mais aussi de pierre lithographique.

GRAVURE:  Action de graver, reproduction de l'ouvrage du graveur. Toute reproduction (gravée) d'un dessin, d'un tableau.

Quant aux verbes correspondants, voici les définitions données :

ESTAMPER :  Piler, puis à partir du XIVème siècle, imprimer en relief." La notion de pression est introduite par le sens initial, pour ensuite être limitée à l'impression toujours artisanale à partir de plaques gravées dans divers matériaux.

GRAVER: De l'allemand graben, creuser, mais aussi sillon. Faire une empreinte qui servira à l'impression d'un texte, d'un dessin.

Autrement dit, l'estampe est une image obtenue par pressage d'une feuille de papier sur une plaque gravée, ou gravure, et encrée.  Bien souvent on parle de gravure au lieu d'estampe, confondant la plaque gravée et le tirage qui en est fait sur le papier.

Historiquement, les estampes les plus anciennes furent tirées à partir de bois gravés en relief (taille d'épargne).  Selon la même technique, aujourd'hui, outre le bois, le linoléum, ou lino est gravé et tiré de la même façon.

Puis d'autres artistes, vers le milieu du XVe siècle, inspirés par l'orfèvrerie, se mirent à graver de minces plaques de cuivre à l'aide d'un burin ou d'une pointe d'acier.  Le dessin est ainsi creusé dans le métal et non plus en relief comme sur le bois.  Après encrage, la gravure est essuyée de manière à ce que l'encre ne reste que dans les sillons du dessin.  Il faut alors presser le papier beaucoup plus fort sur la plaque gravée, pour qu'il aille prendre l'encre dans les creux de la gravure.

L'avantage de la gravure sur métal, ou taille douce, est que le dessin peut être beaucoup plus fin et détaillé que sur le bois et que la plus forte résistance du métal permet de faire un bien plus grand nombre de tirages avant que la plaque soit usée ou écrasée.

Mais le travail du cuivre au burin demandait à la fois puissance, adresse et précision, aussi apparut-il vite plus facile de creuser la plaque de cuivre à l'aide d'un acide que l'on qualifiait à l'époque "d'eau forte".

Il y eut alors, et jusqu'à maintenant, les tenants de la gravure en taille douce et ceux de la gravure à l'eau forte.

Plus tard, d'autres utilisèrent l'acide pour obtenir des dégradés, des fondus, des aspects imitant le lavis, en modulant la morsure de l'acide sur toute la surface de la plaque, au lieu de la morsure linéaire qui ne restitue qu'un dessin.  On appela cette technique "l'aquatinte".  La liberté de création abstraite qu'elle procure fait qu'aujourd'hui l'aquatinte est la technique peut-être la plus utilisée, très souvent complétée par des ajouts en taille douce; on parle alors de technique mixte.

L'apparition de matériaux modernes tels que les colles et résines durcissables comme l'Araldite, le Sintofer, etc. a permis l'émergence d'une nouvelle technique dite au carborundum. Cette technique inventée par H. Goetz a ouvert de nouveaux champs de liberté créative.

La gravure est souvent considérée comme un art mineur par rapport à la peinture ou même à la simple aquarelle.  Le format généralement plus petit que celui des toiles et la tradition du tirage monochrome, noir ou sépia, sont sans doute la cause du peu d'intérêt du grand public et d'une majorité de critiques et d'amateurs d'art.

Pourtant, bien des oeuvres les plus fortes des grands artistes sont des gravures; cela est tout de suite évident  lorsque l'on parcourt l'oeuvre gravé de Picasso, ou celui de Goya, de Rembrandt, Dürer, Rubens, ou de Fragonard, pour ne citer que les plus célèbres.

Cependant, personnaliser la gravure à travers ces noms talentueux est très restrictif, car, à l'exception du génial touche-à-tout Picasso, ces grands maîtres n'ont en tout pratiqué que trois techniques de gravure aux résultats graphiques très proches: la gravure sur bois "de bout" et la taille douce sur métal, soit au burin, soit à l'eau forte.

Découvrez l'infinie variété des estampes de centaines de graveurs contemporains.  Leur ambition est souvent d'abord de mettre leur art et leur talent à la portée intélectuelle - et aussi financière - de tous.

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